23.01.2008

L'EVOLUTION CONSTATEE EN 1970

1529972842.jpgDans la société bamanan, le primat de la famille étendue «  » sur la réalité sociologique du couple, son rôle déterminant dans la négociation d’un mariage à venir et la sauvegarde du mariage réalisé, le peu de place fait à l’expression des sentiments personnels perçus comme menace pour la cohésion du groupe, sont les témoins d’un ordre social hérité d'une situation ancienne. La soumission de chacun-e et particulièrement de la femme, depuis le plus jeune âge, voire depuis la naissance, est entière.
 Pourtant, dès 1960 et même un peu avant, les règles du jeu changent, même à Béléko : l’amélioration des communications avec les secteurs voisins comme à Sorokoro (20 km) l’existence d’un bac sur le Bafing facilite les déplacements vers Ségou (120 km) et Bamako (180 km) ; la scolarisation progresse ; la culture du coton et les échanges commerciaux s'étendent.
En fin des années 1970, la radio se démocratise grâce aux ‘transistors’. Avec les migrations se multiplient les comparaisons. Il est de bon ton d’émigrer quelques années en Côte d’Ivoire et d’en revenir avec une bicyclette, costumes et pécule, ... ce qui ouvre les portes de la considération sociale. Il est avantageux de passer quelques semaines à Fana (70 km au nord) pour la récolte du coton et d’en revenir avec une petite fortune 70 000 F cfa et même 100 000 F cfa.
En moins de dix ans, tout l’univers traditionnel est bouleversé. Le cercle des alliances va s’agrandir. La scolarisation des filles va compliquer les données traditionnelles : réputée incapable d’accomplir les tâches ménagères, la femme ‘écolière’ fait l’objet de réticences de la part du garçon illettré ; par contre, celle-ci s’éveille à de nouveaux besoins comme épouser un instituteur, un fonctionnaire, un commerçant mieux à même de la comprendre.
La nouvelle législation assoit le consentement de la jeune fille et contrarie la coutume. De surcroît, les traditions musulmane et même chrétienne se joignent à cette évolution. La tradition bamanan fait de plus en plus figure de parent pauvre. Certes, des résistances concrètes et tangibles se manifestent comme la polygamie ou l’endogamie des forgerons qui se maintiennent dans les années 1970.
Un proverbe malinké affirme "qu'un vieillard de cent ans et un jeune qui a 'parcouru' son pays peuvent causer ensemble.".

Note de la rédaction du blog : La société traditionnelle est clairement totalitaire. Autant que toutes celles où l’on vit replié-e-s sur quelques kilomètres carrés et où l’environnement ne permet guère de s’en sortir seul-e.
Pouvaient-elles résister, ces sociétés anciennes voire archaïques, bien que parfaitement autonomes, et de très haute qualité environnementale comme on le dit aujourd'hui, confrontées aux civilisations 'modernes' (celles de l’arme à feu, de l’arme à répétition, du moteur thermique, des applications électromagnétiques à outrance, …) ?
Peuvent-ils et peuvent-elles résister à nos univers où - je l’entends à l’instant à 22h07 en ce 23 janvier 2008  sur FRANCE 5  émission « C’est notre affaire » titre du jour Mariage : l’institution fait toujours recette- on évoque un ‘petit’ mariage qui coûtera aux deux jeunes gens 26 000€ dont 13 000€ rien que pour la nourriture. Soit 15 000 € d'économie et 9 000€ d'emprunt !
Soit le budget d'une commune malienne de 10 000 habitant-e-s ... pour dix années !

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